FALSTAFF.--Hal, si dans la bataille tu me vois tombé par terre, enjambe comme cela par-dessus mon corps, c'est un acte d'amitié.

HENRI.--Il n'y a qu'un colosse qui puisse te donner cette marque d'amitié.--Allons, dis tes prières et bonsoir.

FALSTAFF.--Je voudrais que ce fût l'heure d'aller se mettre au lit, Hal, et tout serait bien.

HENRI.--Quoi, ne dois-tu pas à Dieu une mort?

(Il sort.)

FALSTAFF.--Elle n'est pas due encore: je serais bien fâché de la payer avant le terme. Qu'ai-je besoin d'être si pressé d'aller au-devant de qui ne m'appelle pas? Allons, n'importe, c'est l'honneur qui me pousse pour aller en avant.--Oui; fort bien, mais si l'honneur va en chemin me pousser à terre, qu'en sera-t-il? L'honneur peut-il me remettre une jambe? non. Un bras? non. M'ôter la douleur d'une blessure? non. L'honneur n'entend donc rien en chirurgie? non. Qu'est-ce que c'est que l'honneur? un mot. Et qu'est-ce que ce mot, l'honneur? ce qu'est l'honneur: du vent. Un joli appoint vraiment! et à qui profite-t-il? Celui qui mourut mercredi, le sent-il? non. L'entend-il? non. L'honneur est donc une chose insensible? oui, pour les morts. Mais ne saurait-il vivre avec les vivants? non. Pourquoi? c'est que la médisance ne le souffrira jamais. A ce compte, je ne veux point d'honneur, l'honneur est un pur écusson funèbre: et ainsi finit mon catéchisme.

(Il sort.)

SCÈNE II

Le camp de Hotspur.

Entrent WORCESTER, VERNON.