BARDOLPH.--Voilà le comte.
NORTHUMBERLAND.--Quelles nouvelles, lord Bardolph? Chaque minute aujourd'hui devrait enfanter quelque nouveau fait. Les temps sont désordonnés, et la Discorde, comme un coursier échauffé par une trop forte nourriture, a brisé son frein avec fureur et renverse tout sur son passage.
BARDOLPH.--Noble comte, je vous apporte des nouvelles sûres de Shrewsbury.
NORTHUMBERLAND.--Bonnes, s'il plaît à Dieu!
BARDOLPH.--Aussi bonnes que le coeur les peut désirer.--Le roi est blessé presque à mort; et de la main de milord votre fils, le prince Henri tué roide; les deux Blount tués par Douglas; le jeune prince Jean, Westmoreland et Stafford ont fui du champ de bataille; et le cochon de Henri Monmouth, le lourd sir Jean est prisonnier de votre fils. Oh! jamais depuis les jours de bonheur de César, aucun temps n'a été illustré d'une pareille journée si bien défendue, si bien conduite, et si complétement gagnée.
NORTHUMBERLAND.--D'où tenez-vous ces nouvelles? Avez-vous vu le champ de bataille? Venez-vous de Shrewsbury?
BARDOLPH.--J'ai parlé, milord, à quelqu'un qui en venait, un gentilhomme de bonne race et d'un nom recommandable, qui m'a de lui-même raconté ces nouvelles comme véritables.
NORTHUMBERLAND.--J'aperçois Travers, mon domestique, que j'avais envoyé mardi dernier pour tâcher d'apprendre quelques nouvelles.
BARDOLPH.--Milord, je l'ai dépassé sur la route; il ne sait rien de certain que ce qu'il peut avoir appris de moi.
(Entre Travers.)