SHALLOW.--Il me fait bien de la grâce, monsieur; je l'ai connu un excellent espadonneur: comment se porte ce bon chevalier? Oserai-je demander comment se porte milady son épouse?
BARDOLPH.--Excusez-moi, monsieur, mais un soldat n'est pas si mal accommodé que de n'avoir qu'une femme.
SHALLOW.--C'est bien dit, par ma foi, monsieur; et, en vérité, c'est bien dit. Mieux accommodé! Il est bon! Oui, en vérité, il est bon! Les bonnes phrases sont très-certainement et ont toujours été en grande recommandation. Accommodé,--cela vient d'accommodo: fort bien! c'est une bonne phrase! [44]
Note 44:[ (retour) ] Accommodate était une expression à la mode.
BARDOLPH.--Pardonnez, monsieur, mais j'ai entendu dire ce mot-là. Comment dites-vous, une phrase? Par le jour qui luit, je ne sais pas ce que veut dire phrase; mais je soutiendrai, l'épée à la main, que ce mot est un très-bon mot de soldat, et un mot d'un sens très-avantageux. Oui, accommodé, c'est-à-dire qu'un homme est, comme on dit, accommodé; ou bien, quand un homme est ce qu'on appelle.... par quoi.... et comment... il peut passer pour accommodé, ce qui est une excellente chose.
(Arrive Falstaff.)
SHALLOW.--Vous avez raison; tenez, voilà le bon sir Jean qui arrive. Donnez-moi votre chère main; que Votre Seigneurie donne sa chère main. Sur ma parole, vous avez bon visage; vous portez vos années à faire plaisir. Soyez le bienvenu, mon cher sir Jean.
FALSTAFF.--Je suis charmé de vous voir en bonne santé, mon cher maître Robert Shallow. C'est maître Sure-Card que voilà, je pense?
SHALLOW.--Non, sir Jean; c'est mon cousin Silence, mon confrère.
FALSTAFF.--Cher monsieur Silence, vous étiez bien fait pour être juge de paix.