(Entre Pistol.)
GOWER.--Ma foi, le voilà qui vient en se rengorgeant comme un paon.
FLUELLEN.--Tous ses rengorgements et ses paons n'y font rien.--Dieu vous assiste, vieux Pistol, infâme et misérable vaurien, Dieu vous assiste!
PISTOL.--Ah! sors-tu de Bedlam [36], toi? Est-ce que tu veux, vil Troyen, que je déchire la toile fatale dont la Parque ourdit ta trame. Retire-toi de moi; l'odeur du poireau me donne des vapeurs.
FLUELLEN.--Je vous prie en grâce, monsieur le drôle, l'impertinent, à mon désir, à ma requête et à ma supplique, de manger, voyez-vous, ce poireau: précisément, voyez-vous, parce que vous ne l'aimez pas, et vos affections, vos appétits et vos digestions ne s'accordent point avec cela: je vous prie de vouloir bien le manger.
PISTOL.--Non, pardieu, pour Cadwallader [37], et toutes ses chèvres, je ne le mangerai pas.
Note 36:[ (retour) ] Bedlam, les Petites-Maisons de l'Angleterre.
Note 37:[ (retour) ] Allusion à quelque roman.
FLUELLEN.--Tiens, voilà une chèvre pour toi. (Il le frappe.)--Voudriez-vous avoir la bonté de le manger tout à l'heure?
PISTOL.--Infâme Troyen, tu mourras.