(Les Anglais escaladent les murailles en criant: Saint-George! Talbot!)

UNE SENTINELLE, à l'intérieur.--Aux armes! aux armes! L'ennemi livre l'assaut.

(Les Français accourent et sautent à demi-vêtus sur les murs. Le Bâtard, Alençon, René, arrivent par différents côtés, les uns habillés et armés, et les autres en désordre.)

ALENÇON.--Quoi donc, mes seigneurs, à demi nus!

LE BATARD.--A demi nus? oui; et bien joyeux d'avoir échappé si heureusement!

RENÉ.--Il était temps, je crois, de s'éveiller et de quitter nos lits; l'alarme retentissait à la porte de nos chambres.

ALENÇON.--De tous les exploits que j'ai vus, depuis que je fais la guerre, jamais je n'ai ouï parler d'une entreprise plus hasardeuse et plus désespérée que cet assaut.

LE BATARD.--Je crois que ce Talbot est un démon des enfers.

RENÉ.--Si ce n'est pas l'enfer, à coup sûr, c'est le ciel qui le seconde.

ALENÇON.--Voici Charles qui vient. Je suis étonné de sa diligence.