GLOCESTER.--Oui, mon souverain, c'est lui-même.

LE ROI.--Soyez le bienvenu, brave capitaine, victorieux Talbot. Lorsque j'étais jeune, et je ne suis pas vieux encore, je me rappelle que mon père me disait que jamais plus intrépide chevalier n'avait manié l'épée. Depuis longtemps nous étions instruits de votre loyauté, de vos fidèles services, de vos travaux guerriers, et cependant vous n'avez jamais connu les récompenses de votre souverain; vous n'avez pas même reçu ses remerciements: car, avant ce jour, je n'avais jamais vu vos traits. Levez-vous, et pour tous ces illustres services nous vous créons ici comte de Shrewsbury; vous prendrez votre rang à notre couronnement.

(Sortent le roi, Glocester, Talbot et autres seigneurs.)

VERNON.--Maintenant, seigneur, vous qui étiez si fougueux sur mer et qui avez insulté les couleurs que je porte en l'honneur de mon noble lord York, osez-vous ici soutenir les paroles que vous avez dites?

BASSET.--Oui, je l'ose, comme vous osez soutenir les jalouses inventions de votre langue insolente contre mon noble lord, le duc de Somerset.

VERNON.--Drôle, j'honore ton lord pour ce qu'il est.

BASSET.--Et qu'est-il? Il vaut autant qu'York.

VERNON.--Lui? non. Et en preuve reçois ceci.

(Il le frappe.)

BASSET.--Lâche, tu sais trop que la loi des armes est que quiconque tire son épée dans le palais du roi est sur-le-champ condamné à mort; sans cela cette attaque te coûterait le plus pur de ton sang; mais je vais m'adresser à Sa Majesté, et lui demander la liberté de me venger de cet affront; et alors tu verras si je sais te joindre et t'en punir.