SUFFOLK.--Douces paroles, pleines de grâce et de modestie! Mais, madame, il faut que je vous importune encore: quoi! nul gage d'amour pour Sa Majesté?

MARGUERITE.--Excusez-moi, mon cher lord: je lui envoie un coeur pur et sans tache, que n'a jamais profané l'amour.

SUFFOLK, en l'embrassant.--Et ce baiser aussi....

MARGUERITE.--Que ceci soit pour vous.--Je n'aurais pas la présomption d'envoyer à un roi des gages si téméraires.

(Sortent René et Marguerite.)

SUFFOLK.--Oh! si tu étais pour moi!.... Mais, arrête, Suffolk; ne t'engage pas dans ce dangereux labyrinthe: là sont cachés des monstres dévorants et d'horribles trahisons.--Éveille plutôt l'amour de Henri par les louanges de la charmante Marguerite; grave dans ta mémoire ses ravissantes vertus et ses grâces naturelles si supérieures à l'art: retrace-toi souvent son image en traversant les mers, afin qu'arrivé aux pieds de Henri tu puisses troubler sa raison et l'enivrer d'admiration.

(Il sort.)

SCÈNE V

Camp du duc d'York, en Anjou.

Entrent YORK, WARWICK, UN BERGER, LA PUCELLE.