MARGUERITE.--Abattez sa tête, et placez-la sur les portes d'York: de cette manière York dominera sa ville d'York.
(Ils sortent.)
FIN DU PREMIER ACTE.
ACTE DEUXIÈME
SCÈNE I
Plaine voisine de la Croix de Mortimer dans le comté d'Hereford.
Tambours; entrent ÉDOUARD ET RICHARD en marche avec leurs troupes.
ÉDOUARD.--J'ignore comment notre auguste père aura pu échapper, et même s'il aura pu échapper ou non à la poursuite de Clifford et de Northumberland. S'il avait été pris, nous en aurions appris la nouvelle; s'il avait été tué, le bruit nous en serait aussi parvenu; mais s'il avait échappé, il me semble aussi que nous aurions dû recevoir le consolant avis de son heureuse fuite. Comment se trouve mon frère? pourquoi est-il si triste?
RICHARD.--Je n'aurai point de joie que je ne sache ce qu'est devenu notre très-valeureux père. Je l'ai vu dans la bataille renversant tout sur son passage; j'ai observé comme il cherchait à écarter Clifford, et à l'attirer seul. Il m'a paru se conduire au plus fort de la mêlée, comme un lion au milieu d'un troupeau de boeufs, ou un ours entouré de chiens qui, lorsque quelques-uns d'entre eux atteints de sa griffe ont poussé des cris de douleur, se tiennent éloignés, aboyant contre lui. Tel était notre père au milieu de ses ennemis: ainsi les ennemis fuyaient mon redoutable père. C'est, à mon avis, gagner assez de gloire que d'être ses fils.--Vois comme l'aurore ouvre ses portes d'or et prend congé du soleil radieux. Comme elle ressemble au printemps de la jeunesse! au jeune homme qui s'avance gaiement vers celle qu'il aime!
ÉDOUARD.--Mes yeux sont-ils éblouis, ou vois-je en effet trois soleils?