WARWICK.--Épuisé par les travaux, comme le sont les coureurs pour avoir disputé le prix, il faut que je m'asseye ici pour respirer un moment, car les coups que j'ai reçus, les coups nombreux que j'ai rendus, ont privé de leur force les vigoureuses articulations de mes muscles, et, malgré que j'en aie, il faut que je me repose un peu.

(Entre Édouard en courant.)

ÉDOUARD.--Souris-nous, ciel propice! ou frappe, impitoyable mort! car l'aspect du monde devient menaçant et le soleil d'Édouard se couvre de nuages.

WARWICK.--Eh bien, milord, quelle est notre fortune? où en sont nos espérances?

(Entre George.)

GEORGE.--Notre fortune, c'est d'être défaits: notre espérance, un triste désespoir. Nos rangs sont rompus, et la destruction nous poursuit. Quel parti conseillez-vous? Où fuirons-nous?

ÉDOUARD.--La fuite est inutile: ils ont des ailes pour nous poursuivre; et dans l'épuisement où nous sommes, nous ne pouvons éviter leur poursuite.

(Entre Richard.)

RICHARD.--Ah! Warwick! pourquoi t'es-tu retiré du combat? La terre altérée a bu le sang de ton frère [7], répandu par la pointe acérée de la lance de Clifford: et dans les angoisses de la mort on l'entendait, comme une cloche funèbre qui résonne au loin, répéter: Warwick, vengeance! Mon frère, venge ma mort! C'est ainsi que, renversé sous le ventre des coursiers ennemis, dont les pieds velus se teignaient de son sang fumant, ce noble gentilhomme a rendu son dernier soupir.

Note 7:[ (retour) ] Un bâtard de Salisbury, frère naturel de Warwick.