ÉDOUARD.--Clifford, repens-toi, pour te repentir en vain.

WARWICK.--Clifford, cherche des excuses pour tes offenses.

GEORGE.--Tandis que nous cherchons des tourments pour t'en punir.

RICHARD.--Tu aimas York, et je suis le fils d'York.

ÉDOUARD.--Tu sentis la pitié pour Rutland, j'en aurai pour toi.

GEORGE.--Où est le général Marguerite pour vous défendre maintenant?

WARWICK.--Ils t'insultent, Clifford: réponds-leur par tes imprécations familières.

RICHARD.--Quoi! pas une imprécation? Allons, tout va mal, quand Clifford ne peut pas garder une seule imprécation pour ses amis. A cela je reconnais qu'il est mort; et, j'en jure par mon âme, s'il ne fallait que le sacrifice de ma main droite pour te racheter deux heures de vie, où je pusse, au gré de ma haine, t'accabler de mes outrages, je la couperais; et du sang qui en sortirait, j'étoufferais l'infâme dont la soif insatiable n'a pu être assouvie par celui d'York et du jeune Rutland.

WARWICK.--Oui, mais il est mort. Coupez la tête du traître, et élevez-la à la place où est celle de votre père. (A Édouard.) A présent, marchons en triomphe vers Londres, pour t'y voir couronner roi de l'Angleterre. De là Warwick fendra les mers de France, et ira demander la princesse Bonne pour ton épouse. Par ce noeud, les deux pays seront unis l'un à l'autre; et quand tu auras la France pour amie, tu ne craindras plus les ennemis maintenant dispersés, qui espèrent se relever encore; car bien que leur dard ne puisse plus blesser à mort, cependant attends-toi à les entendre encore bourdonner et importuner tes oreilles. Je veux d'abord te voir couronner; et ensuite, si c'est le bon plaisir de mon seigneur, je traverserai les mers de la Bretagne, pour conclure ce mariage.

ÉDOUARD.--Qu'il en soit, cher Warwick, ainsi que tu le voudras; car c'est toi dont les épaules vont soutenir mon trône, et jamais je n'entreprendrai la chose que tu n'auras pas conseillée ou consentie.--Richard, je vais te créer duc de Glocester; et toi, George, duc de Clarence. --Warwick, comme nous-même, tu feras et déferas à ton gré.