MARGUERITE.--Veuille le ciel que les paroles de Warwick ne le séduisent pas!

(Ils s'écartent avec le prince et Oxford.)

LE ROI LOUIS.--Maintenant, Warwick, dis sur ta conscience: Édouard est-il votre véritable roi? Car il me répugnerait de me lier avec un roi qui ne serait pas légitimement élu.

WARWICK.--J'en réponds sur mon honneur et ma réputation.

LE ROI LOUIS.--Mais est-il agréable aux yeux de son peuple?

WARWICK.--D'autant plus agréable que Henri ne l'était pas.

LE ROI LOUIS.--Passons à un autre article. Laissant de côté toute dissimulation, dites-moi avec vérité jusqu'à quel point il aime notre soeur Bonne?

WARWICK.--Son amour se montre comme il convient à un monarque tel que lui.--Moi-même je lui ai souvent entendu dire et protester que cet amour était une plante immortelle dont les racines étaient fixées dans le sol de la vertu, les feuilles et les fruits nourris par le soleil de la beauté, et qui ne pouvait manquer de donner des fleurs et des fruits heureux; au-dessus de la jalousie, mais qui ne résisterait pas au dédain si la princesse Bonne ne payait pas de retour ses tourments.

LE ROI LOUIS.--Maintenant, ma soeur, apprenez-nous quelles sont vos dernières résolutions.

LA PRINCESSE BONNE.--Soit consentement, soit refus, votre réponse sera la mienne.--Cependant (s'adressant à Warwick), je l'avouerai, souvent avant ce jour, lorsque j'entendais raconter les mérites de votre roi, mon oreille n'a pas laissé ma raison étrangère à quelque désir.