WARWICK.--Et je ne veux choisir que Clarence pour protecteur.

LE ROI.--Warwick, et vous, Clarence, donnez-moi tous deux la main. A présent, unissez vos mains, et avec elles vos coeurs, et que nulle dissension ne trouble le gouvernement. Je vous fais tous deux protecteurs de ce pays: tandis que moi, je mènerai une vie retirée, et consacrerai mes derniers jours à la dévotion, occupé à combattre le péché, et à louer mon créateur.

WARWICK.--Que répond Clarence à la volonté de son souverain?

GEORGE.--Qu'il donne son consentement, si Warwick donne le sien; car je me repose sur ta fortune.

WARWICK.--Allons, c'est à regret; mais enfin j'y souscris: nous marcherons l'un à côté de l'autre comme l'ombre double de la personne de Henri, et nous le remplacerons; j'entends en supportant, à sa place, le fardeau du gouvernement, tandis qu'il jouira des honneurs et du repos. A présent, Clarence, il n'est rien de plus pressant que de faire déclarer, sans délai, Édouard traître, et de confisquer tous ses domaines et tous ses biens.

GEORGE.--Je ne vois pas autre chose à faire de plus, que de régler sa succession...

WARWICK.--Oui, et Clarence ne manquera pas d'y avoir sa part.

LE ROI.--Mais je vous prie (car je ne commande plus), mettez avant vos plus importantes affaires, le soin d'envoyer vers Marguerite, votre reine, et mon fils Édouard, pour les faire revenir promptement de France; car jusqu'à ce que je les voie, le sentiment de joie que me donne ma liberté est à moitié détruit par les inquiétudes de la crainte.

GEORGE.--Cela va être fait, mon souverain, avec la plus grande célérité.

LE ROI.--Milord de Somerset, quel est ce jeune homme à qui vous paraissez prendre un si tendre intérêt?