WARWICK.--Quel parti prendrons-nous, milords? Édouard revient de la Flandre avec une armée d'Allemands impétueux et de lourds Hollandais. Il a passé sans obstacle le détroit de nos mers: il vient avec ses troupes à marches forcées sur Londres; et la multitude inconstante court par troupeaux se ranger de son parti.
LE ROI.--Il faut lever une armée et le renvoyer battu.
CLARENCE.--On éteint sans peine avec le pied une légère étincelle; mais, si on la néglige, un fleuve d'eau n'éteindra plus l'incendie.
WARWICK.--J'ai dans mon comté des amis sincèrement attachés, point séditieux dans la paix, mais courageux dans la guerre. Je vais les rassembler.--Toi, mon fils Clarence, tu iras dans les provinces de Suffolk, de Norfolk et de Kent, appeler sous tes drapeaux les chevaliers et les gentilshommes.--Toi, mon frère Montaigu, tu trouveras dans les comtés de Buckingham, de Northampton et de Leicester, des hommes bien disposés à suivre tes ordres.--Et toi, brave Oxford, si extraordinairement chéri dans l'Oxfordshire, charge-toi d'y rassembler tes amis.--Jusqu'à notre retour mon souverain restera dans Londres environné des habitants qui le chérissent, comme celle belle île est environnée de la ceinture de l'Océan, ou la chaste Diane du cercle de ses nymphes.--Beaux seigneurs, prenons congé, sans autres réflexions.--Adieu, mon souverain.
LE ROI.--Adieu, mon Hector, véritable espoir de Troie.
CLARENCE.--En signe de ma loyauté, je baise la main de Votre Altesse.
LE ROI.--Excellent Clarence, que le bonheur t'accompagne.
MONTAIGU.--Courage, mon prince, je prends congé de vous.
OXFORD, baisant la main de Henri.--Voilà le sceau de mon attachement, et mon adieu.
LE ROI.--Cher Oxford, Montaigu, toi qui m'aimes, et vous tous, recevez encore une fois mes adieux et mes voeux.