LE PRINCE ÉDOUARD.--Et agréez les remercîments de celui qui n'a pas autre chose à donner.
(Entre un messager.)
LE MESSAGER.--Préparez-vous, lords. Édouard est à deux pas, tout prêt à vous livrer bataille: armez-vous de résolution.
OXFORD.--Je m'y attendais. C'est sa politique de forcer ses marches, pour tâcher de nous surprendre.
SOMERSET.--Il se sera trompé: nous sommes prêts à le recevoir.
MARGUERITE.--Votre ardeur remplit mon coeur de confiance et de joie.
OXFORD.--Nous ne reculerons pas. Plantons ici nos étendards.
(Entrent à quelque distance le roi Édouard, Glocester, George et des troupes.)
LE ROI ÉDOUARD, à ses soldats.--Braves compagnons, vous voyez là-bas le bois épineux qu'avec l'aide du ciel et vos bras nous espérons avoir déraciné avant que la nuit soit venue. Je n'ai pas besoin de donner de nouveaux aliments à l'ardeur qui vous enflamme, car je vois que vous brûlez de le consumer. Donnez le signal du combat, milords, et chargeons.
MARGUERITE.--Lords, chevaliers, gentilshommes... mes larmes s'opposent à mon discours... Vous le voyez, à chaque mot que je prononce, les pleurs de mes yeux viennent m'abreuver... Je ne vous dirai donc que ceci:--Henri, votre souverain, est prisonnier de l'ennemi; son trône est usurpé, son royaume est devenu une boucherie; ses sujets sont massacrés, ses édits effacés, ses trésors pillés, et là-bas est le loup qui cause tout ce dégât! Vous combattez pour la justice: ainsi, au nom de Dieu, lords, montrez-vous vaillants, et donnez le signal du combat.