WOLSEY.--Est-il prêt à sortir.

CROMWELL.--Je crois qu'il va sortir dans l'instant.

WOLSEY.--Laisse-moi un moment. (Cromwell sort.) Ce sera la duchesse d'Alençon, la soeur du roi de France: il faut qu'il l'épouse.--Anne Boulen? non, je ne veux point d'Anne Boulen pour lui. Il y a ici quelque chose de plus qu'un beau visage. Boulen! non, point de Boulen.--Je voudrais bien recevoir promptement des nouvelles de Rome.--La marquise de Pembroke!

NORFOLK.--Il est mécontent.

SUFFOLK.--Peut-être sait-il que le roi aiguise sa vengeance contre lui.

SURREY.--Qu'elle s'aiguise assez, mon Dieu, pour faire justice!

WOLSEY.--Une fille d'honneur de la dernière reine, la fille d'un chevalier, être la maîtresse de sa maîtresse, la reine de la reine!--Cette chandelle n'éclaire pas bien; il faut la moucher, et en même temps nous l'éteindrons.--Que m'importe qu'elle soit vertueuse et pleine de mérite? Je la connais aussi pour une luthérienne acharnée, et il ne serait pas salutaire pour nos intérêts qu'elle reposât sur le sein de notre roi, déjà difficile à gouverner. Et voilà encore un hérétique, un archi-hérétique qui s'élève, Cranmer, un homme qui s'est insinué dans la faveur du roi, et qui est aujourd'hui son oracle.

NORFOLK.--Quelque idée le tourmente.

SURREY.--Je voudrais que ce fût une idée qui fût capable d'user la fibre, la maîtresse corde de son coeur.

(Entrent le roi, lisant un papier, et Lovel.)