LA VIEILLE DAME.--Je ne retourne point sur mes pas. La nouvelle que j'apporte rend ma hardiesse convenable. Que les bons anges volent sur la tête royale, et ombragent ta personne de leurs saintes ailes!

LE ROI HENRI.--Je lis déjà dans tes yeux le message que tu viens m'apporter. La reine est-elle délivrée? Dis oui; et d'un garçon.

LA VIEILLE DAME.--Oui, oui, mon souverain, et d'un charmant garçon. Que le Dieu du ciel la bénisse à présent et toujours! c'est une fille qui promet des garçons pour la suite. Sire, la reine désire votre visite, et que vous veniez faire connaissance avec cette étrangère: elle vous ressemble, comme une cerise à une cerise.

LE ROI HENRI.--Lovel!

(Entre Lovel.)

LOVEL.--Sire?

LE ROI HENRI.--Donnez-lui cent marcs. Je vais aller voir la reine.

(Sort le roi.)

LA VIEILLE DAME.--Cent marcs! Par cette lumière, j'en veux davantage! Ce cadeau est bon pour un valet; j'en aurai davantage, ou je lui en ferai la honte. Est-ce là payer le compliment que je lui ai fait, que sa fille lui ressemblait? J'en aurai davantage, ou je dirai le contraire: et tout à l'heure, tandis que le fer est chaud, je veux en avoir raison.

(Ils sortent.)