LUCENTIO.--Eh bien! mademoiselle, profitez-vous de vos lectures?

BIANCA.--De quelles lectures parlez-vous, mon maître? Répondez-moi d'abord à cela.

LUCENTIO.--Je lis ce que je professe, l'art d'aimer.

BIANCA.--Et puissiez-vous, monsieur, devenir maître dans votre art.

LUCENTIO.--Oh! je le serai, chère Bianca, tant que vous serez la maîtresse de mon coeur.

(Ils se retirent.)

HORTENSIO.--C'est aller vite en amour, vraiment!--Eh bien! à présent, qu'en dites-vous, je vous prie, vous qui osiez jurer que votre maîtresse Bianca n'aimait personne au monde aussi tendrement que Lucentio?

TRANIO.--O maudit amour! ô sexe inconstant!--Je vous déclare, Licio, que cela me confond d'étonnement.

HORTENSIO.--Ne vous y méprenez pas plus longtemps; je ne suis point Licio, ni un musicien, comme je parais l'être, mais un homme qui dédaigne de vivre davantage sous ce déguisement, pour l'amour d'une créature qui abandonne un gentilhomme, et fait un dieu d'un tel manant: apprenez, monsieur, que je m'appelle Hortensio.

TRANIO.--Seigneur Hortensio, j'ai souvent ouï parler de votre affection extrême pour Bianca; et, puisque mes yeux sont témoins de sa légèreté, je veux, avec vous, si ce parti vous plaît, abjurer Bianca et mon amour pour jamais.