ARIEL chante, en aidant Prospero à s'habiller.
Je suce la fleur que suce l'abeille;
J'habite le calice d'une primevère;
Et là je me repose quand les hiboux crient.
Monté sur le dos de la chauve-souris, je vole
Gaiement après l'été.
Gaiement, gaiement, je vivrai désormais
Sous la fleur qui pend à la branche.
PROSPERO.—Oui, mon gentil petit Ariel, il en sera ainsi. Je sentirai que tu me manques; mais tu n'en auras pas moins ta liberté. Allons, allons, allons! vite au vaisseau du roi, invisible comme tu l'es: tu trouveras les matelots endormis sous les écoutilles. Réveille le maître et le bosseman; force-les à te suivre en ce lieu. Dans l'instant, je t'en prie.
ARIEL.—Je bois l'air devant moi, et je reviens avant que votre pouls ait battu deux fois.