BOLINGBROKE.--Quelle suppliante à la voix grêle pousse ces cris empressés?

LA DUCHESSE D'YORK.--Une femme, ta tante, grand roi. C'est moi, écoute-moi, aie pitié de moi; ouvre la porte: c'est une mendiante qui mendie sans avoir jamais mendié [33], moi qui ne demandai jamais.

Note 33:[ (retour) ] A beggar begs, that never begg'd before.

C'est sur ce mot beggar que porte la plaisanterie de Bolingbroke.

Our scene is alter'd from a serious thing,

And now chang'd to the Beggar and the king.

The beggar était, comme on l'a déjà fait voir dans les notes de Roméo et Juliette, une ballade alors très-connue.

BOLINGBROKE.--Voilà notre scène changée: nous passons d'une chose sérieuse à la mendiante avec le roi.--Mon dangereux cousin, faites entrer votre mère: je vois bien qu'elle vient intercéder pour votre odieux forfait.

YORK.--Si tu lui pardonnes, qui que ce soit qui te prie, ce pardon pourra faire germer d'autres crimes. Retranche ce membre corrompu, et tous les autres restent sains. Si tu l'épargnes, il corrompra tout le reste.

(Entre la duchesse d'York.)

LA DUCHESSE D'YORK.--O roi! ne crois pas cet homme au coeur dur: celui qui ne s'aime pas lui-même ne peut aimer personne.

YORK.--Femme extravagante, que fais-tu ici? Ton sein flétri veut-il une seconde fois nourrir un traître?

LA DUCHESSE D'YORK.--Cher York, calmez-vous.--Mon gracieux souverain, écoutez-moi.

(Elle se met à genoux.)