STANLEY.--Dieu veuille rendre à Votre Majesté le bonheur et la joie.
ÉLISABETH.--La comtesse de Richmond [3], mon cher lord Stanley, aurait bien de la peine à dire amen à cette bonne prière. Cependant, Stanley, quoiqu'elle soit votre femme et qu'elle ne m'aime pas, soyez bien sûr, mon bon lord, que son orgueilleuse arrogance ne vous attire point ma haine.
Note 3:[ (retour) ] La comtesse du Richmond, mère du jeune comte de Richmond depuis Henri VII, avait épousé en secondes noces lord Stanley.
STANLEY.--Je vous supplie, ou de ne pas ajouter foi aux propos calomnieux de ses jaloux et perfides accusateurs, ou, quand l'accusation sera fondée, d'avoir de l'indulgence pour sa faiblesse, résultat de l'aigreur que donne la maladie, et non d'aucune mauvaise volonté réelle.
ÉLISABETH.--Avez-vous vu le roi aujourd'hui, milord?
STANLEY.--Nous sortons dans le moment, le duc de Buckingham et moi, de faire visite à Sa Majesté.
ÉLISABETH.--Voyez-vous, milords, quelque apparence que sa santé puisse s'améliorer?
BUCKINGHAM.--Madame, il y a tout lieu d'espérer. Sa Majesté parle avec gaieté.
ÉLISABETH.--Que Dieu lui accorde la santé! Avez-vous parlé d'affaires avec lui?
BUCKINGHAM.--Oui, madame. Il désire fort pacifier les différends du duc de Glocester avec vos frères, et ceux de vos frères avec milord chambellan: il vient de les mander tous devant lui.