GLOCESTER.--Oh! sans doute, sans doute; et Clarence l'espère bien aussi: car ceux qui se sont montrés vos ennemis sont aussi les siens, et ils ont réussi contre lui, comme contre vous.
HASTINGS.--C'est pitié que l'aigle soit mis en cage, tandis que les vautours et les étourneaux pillent en liberté.
GLOCESTER.--Quelles nouvelles du dehors?
HASTINGS.--Il n'y a rien au dehors d'aussi fâcheux que ce qui se passe ici.--Le roi est en mauvais état, faible, mélancolique, et ses médecins en sont fort inquiets.
GLOCESTER.--Oui, par saint Paul; voilà une nouvelle bien fâcheuse en effet! oh! il a suivi longtemps un mauvais régime; et il a par trop épuisé sa royale personne: cela est triste à penser. Mais quoi, garde-t-il le lit?
HASTINGS.--Il est au lit.
GLOCESTER.--Allez-y le premier, et je vais vous suivre. (Hastings sort.) Il ne peut vivre; je l'espère: mais il ne faut pas qu'il meure avant que George ait été dépêché en poste pour le ciel.--Je vais entrer, pour irriter encore plus sa haine contre Clarence par des mensonges armés d'arguments qui aient du poids; et si je n'échoue pas dans mes profondes machinations, Clarence n'a pas un jour de plus à vivre. Cela fait, que Dieu dispose du roi Édouard dans sa miséricorde, et me laisse à mon tour la scène du monde pour m'y démener.--Alors j'épouserai la fille cadette de Warwick.... Quoi, après avoir tué son mari et son père?--Le moyen le plus court de donner satisfaction à cette pauvre créature, c'est de devenir son mari et son père; et c'est ce que je veux faire, non pas tant par amour que pour certaine autre vue secrète à laquelle je dois parvenir en l'épousant.--Mais me voilà toujours à courir au marché avant mon cheval. Clarence respire encore, Édouard vit et règne: c'est quand ils n'y seront plus que je pourrai faire le compte de mes bénéfices.
(Il sort.)
SCÈNE II
Toujours à Londres.--Une rue.