CATESBY.--Elle ne conçoit pas dans quel but vous avez réuni un si grand nombre de citoyens, pour les amener chez elle, sans l'en avoir prévenue auparavant; elle craint, milord, que vous n'ayez de mauvais desseins contre elle.

BUCKINGHAM.--Je suis mortifié que mon noble cousin puisse me soupçonner de mauvais desseins contre lui. Par le ciel! nous venons à lui remplis d'affection; retournez encore, je vous prie, et assurez-en Sa Grâce. (Catesby sort.) Quand ces hommes pieux et d'une dévotion profonde sont à leur chapelet, il est bien difficile de les en retirer: tant sont doux les plaisirs d'une fervente contemplation.

(Glocester paraît sur un balcon élevé, entre deux évêques. Catesby revient avec lui.)

LE MAIRE.--Eh! tenez, voilà Sa Grâce qui arrive entre deux ecclésiastiques.

BUCKINGHAM.--Deux appuis pour la vertu d'un prince chrétien, et qui le préservent des chutes de la vanité! Voyez! dans sa main un livre de prières: ce sont là les véritables parures auxquelles se fait reconnaître un saint.--Fameux Plantagenet, très-gracieux prince, prête une oreille favorable à notre requête, et pardonne-nous d'interrompre les dévots exercices de ton zèle vraiment chrétien.

GLOCESTER.--Milord, vous n'avez pas besoin d'apologie. C'est moi qui vous prie de m'excuser si mon ardeur pour le service de mon Dieu m'a fait négliger la visite de mes amis. Mais laissons cela; que désire Votre Grâce?

BUCKINGHAM.--Une chose qui, j'espère, sera agréable à Dieu, et réjouira tous les bons citoyens de cette île dans l'anarchie.

GLOCESTER.--Vous me faites craindre d'avoir commis quelque faute répréhensible aux yeux de cette ville, et vous venez sans doute me reprocher mon ignorance?

BUCKINGHAM.--Vous avez deviné juste, milord. Votre Grâce daignerait-elle, à nos instantes prières, réparer sa faute?

GLOCESTER.--Comment pourrais-je autrement vivre dans un pays chrétien?