BUCKINGHAM.--Il est vrai, noble prince.

LE ROI RICHARD.--Et voilà donc la cruelle conséquence de ce qu'il vit encore, il est vrai, noble prince.--Cousin, tu n'avais pas coutume d'avoir l'esprit si lent. Faut-il que je te parle ouvertement? Je désire la mort de ces bâtards, et je voudrais voir la chose exécutée sur-le-champ. Que dis-tu, maintenant? Parle vite et en peu de mots.

BUCKINGHAM.--Votre Grâce peut tout ce qui lui plaît.

LE ROI RICHARD.--Allons, allons. Te voilà tout de glace: ton amitié se refroidit. Parle, ai-je ton consentement à leur mort?

BUCKINGHAM.--Donnez-moi le temps de respirer: un moment de réflexion, cher lord, avant que je vous donne là-dessus une réponse positive. Je vais dans un instant satisfaire à la question de Votre Grâce.

(Buckingham sort.)

CATESBY, à part.--Le roi est offensé; voyez: il mord ses lèvres.

LE ROI RICHARD.--Je veux m'adresser à des têtes de fer, à quelqu'un de ces gens qui vont sans y regarder. Quiconque examine les choses d'un oeil si prudent n'est point mon homme.--L'ambitieux Buckingham devient circonspect.--Page?

LE PAGE.--Seigneur?

LE ROI RICHARD.--Ne connais-tu point quelque homme que l'or corrupteur puisse induire à se charger d'un secret exploit de mort?