FLORIZEL.—Dépêche-toi donc, je t'en prie.

AUTOLYCUS.—En vérité, j'ai déjà des gages, mais en conscience je ne puis prendre cet habit.

CAMILLO.—Allons, dénoue, dénoue. (A Perdita.) Heureuse amante, que ma prophétie s'accomplisse pour vous!—Il faut vous retirer sous quelque abri; prenez le chapeau de votre amant et enfoncez-le sur vos sourcils: cachez votre figure. Déshabillez-vous et déguisez autant que vous le pourrez tout ce qui pourrait vous faire reconnaître, afin que vous puissiez (car je crains pour vous les regards) gagner le vaisseau sans être découverte.

PERDITA.—Je vois que la pièce est arrangée de façon qu'il faut que j'y fasse un rôle.

CAMILLO.—Il n'y a point de remède. (A Florizel.) Eh bien! avez-vous fini?

FLORIZEL.—Si je rencontrais mon père à présent, il ne m'appellerait pas son fils.

CAMILLO.—Allons, vous ne garderez point de chapeau.—Venez, madame, venez.—(A Autolycus.) Adieu, mon ami.

AUTOLYCUS.—Adieu, monsieur.

FLORIZEL.—O Perdita! ce que nous avons oublié tous deux!—Je vous prie, un mot.

CAMILLO, à part.—Ce que je vais faire d'abord, ce sera d'informer le roi de cette évasion et du lieu où ils se rendent, où j'ai l'espérance que je viendrai à bout de le déterminer à les suivre; et je l'accompagnerai et reverrai la Sicile, que j'ai un désir de femme de revoir.