PAULINE.—Vous l'entendez, seigneurs, soyez tous témoins de son serment.

CLÉOMÈNE.—Vous le tentez au delà de toute mesure.

PAULINE.—A moins qu'une autre femme, ressemblant autant à Hermione que son portrait, ne se présente à ses yeux.

CLÉOMÈNE.—Chère dame...

PAULINE.—J'ai dit.—Cependant, si mon roi veut se marier...—Oui, si vous le voulez seigneur, et qu'il n'y ait pas de moyen de vous en ôter la volonté, donnez-moi l'office de vous choisir une reine; elle ne sera pas aussi jeune que l'était la première; mais elle sera telle que, si l'ombre de votre première reine revenait, elle se réjouirait de vous voir dans ses bras.

LÉONTES.—Ma fidèle Pauline, nous ne nous marierons point que sur votre avis.

PAULINE.—Et je vous le conseillerai, quand votre première reine reviendra à la vie; jamais auparavant.

(Entre un gentilhomme.)

LE GENTILHOMME.—Quelqu'un qui se donne pour le prince Florizel, fils de Polixène, vient avec sa princesse, la plus belle personne que j'aie jamais vue, demander à être introduit auprès de Votre Majesté.

LÉONTES.—Quelle affaire avons-nous avec lui? Il ne vient point dans un appareil digne de la grandeur de son père; son arrivée, si soudaine et si imprévue, nous dit assez que ce n'est point une visite volontaire, mais une entrevue forcée par quelque besoin ou quelque accident. Quelle suite a-t-il?