FABIAN.—Et son adversaire, le jeune page, ne porte pas sur sa figure de grands symptômes de férocité.
(Entre Marie.)
SIR TOBIE.—Vois, voici le plus jeune roitelet de la couvée qui vient à nous.
MARIE.—Si vous voulez vous dilater la rate, et que vous soyez curieux de rire à vous tenir les côtés, suivez-moi. Ce stupide Malvolio est changé en païen, en vrai renégat: car il n'est point de chrétien, pour peu qu'il veuille être sauvé en croyant la vérité, qui puisse jamais croire à des extravagances pareilles et aussi grossières: il est en bas jaunes.
SIR TOBIE.—Et les jarretières en croix?
MARIE.—De la plus ridicule manière; comme un pédant qui tient école dans l'église.—Je l'ai suivi pas à pas, comme si j'eusse été son assassin; il obéit de point en point à la lettre que j'ai laissé tomber pour lui faire niche. Pour sourire, il contourne son visage en plus de lignes qu'il n'y en a dans la nouvelle carte, augmentée encore des Indes: vous n'avez jamais rien vu de semblable. J'ai bien de la peine à m'empêcher de lui lancer quelque chose à la tête. Je sais que ma maîtresse lui donnera quelque soufflet; si elle le fait, il sourira encore, et le prendra pour une faveur signalée.
SIR TOBIE.—Allons, mène-nous, mène-nous où il est.
(Ils sortent.)
SCÈNE III
Une rue.