BASSANIO.--Votre réponse à cela?

SHYLOCK.--Antonio est bon.

BASSANIO.--Auriez-vous ouï dire quelque chose de contraire?

SHYLOCK.--Oh! non, non, non, non. En disant qu'il est bon, je veux seulement vous faire comprendre qu'il est suffisamment sûr. Cependant ses ressources reposent sur des suppositions. Il a un vaisseau frété pour Tripoli, un autre dans les Indes, et en outre j'ai appris sur le Rialto qu'il en avait un troisième au Mexique, un quatrième en Angleterre, et d'autres entreprises encore de côté et d'autre. Mais les vaisseaux ne sont que des planches, les matelots que des hommes. Il y a des rats de terre et des rats d'eau, et des voleurs d'eau comme des voleurs de terre, je veux dire qu'il y a des pirates; et puis aussi les dangers de la mer, les vents, les rochers. Néanmoins l'homme est suffisant.--Trois mille ducats... je crois pouvoir prendre son obligation.

BASSANIO.--Soyez assuré que vous le pouvez.

SHYLOCK.--Je m'assurerai que je le peux; et pour m'en assurer, j'y réfléchirai. Puis-je parler à Antonio?

BASSANIO.--Si vous vouliez dîner avec nous?

SHYLOCK.--Oui, pour sentir le porc! pour manger de l'habitation dans laquelle votre prophète, le Nazaréen, a par ses conjurations fait entrer le diable! Je veux bien faire marché d'acheter avec vous, faire marché de vendre avec vous, parler avec vous, me promener avec vous, et ainsi de suite; mais je ne veux pas manger avec vous, ni boire avec vous, ni prier avec vous. Quelles nouvelles sur le Rialto?--Mais qui vient ici?

BASSANIO.--C'est le seigneur Antonio.

(Entre Antonio.)