PORTIA.--Je vois, monsieur, que vous êtes libéral en offre. Vous m'avez d'abord appris à demander, et maintenant, à ce qu'il me semble, vous m'apprenez comment on doit répondre à celui qui demande.
BASSANIO.--Mon bon monsieur, je tiens cette bague de ma femme; lorsqu'elle la mit à mon doigt, elle me fit jurer de ne jamais la vendre, ni la donner, ni la perdre.
PORTIA.--Cette excuse sauve aux hommes bien des présents. À moins que votre femme ne soit folle, lorsqu'elle saura combien j'ai mérité cette bague, elle ne se brouillera pas avec vous à tout jamais, pour me l'avoir donnée. C'est bien; la paix soit avec vous!
(Sortent Portia et Nérissa.)
ANTONIO.--Seigneur Bassanio, donnez-lui cette bague. Que ses services et mon amitié l'emportent sur l'ordre de votre femme.
BASSANIO.--Allons. Va, Gratiano, tâche de le joindre. Donne-lui la bague et, s'il se peut, engage-le à venir chez Antonio. Cours, dépêche-toi. (Gratiano sort.) Rendons-nous-y de ce pas. Demain de grand matin nous volerons à Belmont. Venez, Antonio.
(Ils sortent.)
SCÈNE II
Toujours à Venise.--Une rue.
Entrent PORTIA et NÉRISSA.