(Entre Lancelot.)

LANCELOT chantant.--Sol, la, sol la, ho, ha, sol la, hola, sol la.

LORENZO.--Qui appelle?

LANCELOT.--Sol la. Avez-vous vu M. Lorenzo et madame Lorenzo?

LORENZO.--Cesse tes holà. Par ici.

LANCELOT.--Sol la.--Où? où?

LORENZO.--Ici LANCELOT.--Dis-lui qu'il vient d'arriver un courrier de la part de mon maître, son cornet plein de bonnes nouvelles. Mon maître sera ici avant le matin.

(Il sort.)

LORENZO.--Entrons, ma chère âme, et attendons leur arrivée; et cependant ce n'est pas la peine.... Pourquoi entrerions-nous?--Ami Stephano, annoncez, je vous prie, dans le château, que votre maîtresse est près d'arriver, et amenez ici les musiciens en plein air. (Le domestique sort.) Que la clarté de la lune dort doucement sur ce banc de gazon! Nous nous y assiérons et les sons de la musique se glisseront dans notre oreille. Ce doux silence et cette nuit si belle conviennent aux accords d'une gracieuse harmonie. Assieds-toi, Jessica; vois comme la voûte des cieux est incrustée de disques brillants. Parmi tous ces globes que tu vois, il n'y a pas jusqu'au plus petit, dont les mouvements ne produisent une musique angélique en accord avec les concerts des chérubins, à l'oeil plein de jeunesse. Telle est l'harmonie qui se révèle aux âmes immortelles: mais tant que notre âme est enclose dans cette grossière enveloppe d'une argile périssable, nous sommes incapables de l'entendre. (Entrent les musiciens.)--Allons, éveillez Diane par un hymne; pénétrez des sons les plus mélodieux l'oreille de votre maîtresse, et entraînez-la vers sa demeure par le charme de la musique.

JESSICA.--Jamais je ne suis gaie quand j'entends une musique agréable.