LE BATARD.--Oh! tremblez, car voilà le lion qui rugit.
LE ROI JEAN.--Avançons plus haut dans la plaine, où nous rangerons tous nos régiments dans le meilleur ordre.
LE BATARD.--Hâtez-vous alors, pour prendre l'avantage du terrain.
PHILIPPE.--Il en sera ainsi. (A Louis.) Commandez au reste des troupes de se porter sur l'autre colline. Dieu et notre droit!
(Ils sortent.)
SCÈNE II
Même lieu.
Alarmes et escarmouches, puis une retraite.
UN HÉRAUT FRANÇAIS s'avance vers les portes avec des trompettes.
LE HÉRAUT FRANÇAIS.--Hommes d'Angers, ouvrez vos portes et laissez entrer le jeune Arthur, duc de Bretagne, qui, par le bras de la France, vient de préparer des larmes à bien des mères anglaises, dont les fils gisent épars sur la terre ensanglantée; les maris de bien des veuves sont étendus dans la poussière, embrassant froidement la terre teinte de sang: la victoire, achetée avec peu de perte, se joue dans les bannières flottantes des Français, qui, déployées en signe de triomphe, sont là, prêtes à entrer victorieuses dans vos murs, à y proclamer Arthur de Bretagne, roi d'Angleterre et le vôtre.
(Entre un héraut anglais avec des trompettes.)