LOUIS.--Je m'étonne de voir Votre Majesté si froide à ces hautes considérations qui la pressent.
PANDOLPHE.--Je vais lancer l'anathème sur sa tête.
PHILIPPE.--Tu n'en auras pas besoin.--Roi d'Angleterre, je romps avec toi.
CONSTANCE.--O brillant retour de la majesté éclipsée!
ÉLÉONORE.--O indigne trahison de l'inconstance française!
LE ROI JEAN.--Roi de France, dans une heure tu regretteras cette heure-ci.
LE BATARD.--Le temps, ce vieux régulateur d'horloges, ce chauve fossoyeur, est-il donc à ses ordres? Eh bien donc, le roi de France regrettera.
BLANCHE.--Le soleil se couvre d'un nuage de sang: beau jour, adieu!--De quel parti dois-je me ranger? Je suis à tous les deux; chaque armée tient une de mes mains, et, retenue comme je le suis par toutes les deux, le tourbillon de la rage qui les sépare va me démembrer.--Mon mari, je ne puis prier pour ta victoire.--Mon oncle, il faut que je prie pour ta défaite.--Mon père, je ne puis désirer que la fortune te favorise.--Ma grand'mère, je ne puis souhaiter que tes souhaits s'accomplissent. Quel que soit le vainqueur, je perdrai de l'autre côté, assurée de perdre même avant que la partie soit jouée.
LOUIS.--Madame, vous êtes avec moi; votre fortune est attachée à la mienne.
BLANCHE.--Là où vit ma fortune, là meurt ma vie.