LE BATARD.--Seigneur, je l'ai délivrée; Son Altesse est en sûreté; ne craignez rien. Mais en avant, mon prince; il ne faut plus que bien peu d'efforts pour amener notre besogne à bien.
(Ils sortent.)
SCÈNE III
La scène est la même.
On sonne l'alarme, escarmouches, retraite.--Entrent le ROI
JEAN, ÉLÉONORE, ARTHUR, LE BATARD, HUBERT,
et des lords.
LE ROI JEAN.--Il en sera ainsi.(A Éléonore.)--Votre Seigneurie demeurera en arrière avec cette forte garde.--(Au jeune Arthur.) Mon cousin, n'aie pas l'air si triste: ta grand'mère t'aime, et ton oncle sera aussi tendre pour toi que le fut ton père.
ARTHUR.--Oh! cela fera mourir ma mère de chagrin.
LE ROI JEAN, au bâtard.--Cousin, partez pour l'Angleterre: prenez les devants en diligence, et, avant votre arrivée, songez à bien secouer les coffres de nos abbés thésauriseurs, et à remettre en liberté leurs angelots captifs. Les grasses côtes de la paix doivent maintenant servir à nourrir les affamés. Usez du pouvoir que nous vous donnons dans toute son étendue.
LE BATARD.--La cloche, le livre, le cierge, ne me feront pas reculer quand l'or et l'argent m'inviteront à avancer. Je prends congé de Votre Altesse.(A Éléonore.)--Grand'mère, si jamais je me souviens d'être dévot, je prierai pour votre belle santé. Sur ce, je vous baise les mains.
ÉLÉONORE.--Adieu, mon aimable cousin.