(Les lords sortent.)

LE BATARD.--L'honnête monde que le nôtre! (A Hubert.)--Avez-vous eu connaissance de ce beau chef-d'oeuvre?--Hubert, si c'est toi qui as commis cette oeuvre de mort, tu es damné sans que l'immensité infinie de la miséricorde du ciel puisse t'atteindre.

HUBERT.--Écoutez-moi seulement, monsieur.

LE BATARD.--Ah! je te dirai une chose, tu es damné aussi noir.... Non, il n'y a rien de si noir que toi: tu es damné plus à fond que le prince Lucifer; il n'y a pas encore un diable d'enfer aussi hideux que tu le seras, si c'est toi qui as tué cet enfant.

HUBERT.--Sur mon âme....

LE BATARD.--Si tu as seulement consenti à cette cruelle action, tu n'as pas d'autre parti que le désespoir; et, à défaut de corde, le fil le plus mince qu'une araignée ait jamais tiré de ses entrailles suffira pour t'étrangler: un jonc sera une potence suffisante pour te pendre: ou si tu veux te noyer, mets un peu d'eau dans une cuiller; et pour étouffer un scélérat tel que toi, cela vaudra tout l'Océan.--Je te soupçonne violemment.

HUBERT.--Si par action, consentement, ou seulement par le péché de la pensée, je suis coupable d'avoir dérobé cet aimable souffle à la belle enveloppe d'argile où il était renfermé, que l'enfer n'ait pas assez de douleurs pour me torturer!--Je l'avais laissé bien portant.

LE BATARD.--Va, prends-le dans tes bras. Je suis troublé, il me semble, et je perds mon chemin à travers les épines et les dangers de ce monde.--Comme tu portes légèrement toute l'Angleterre! De cette portion défunte de royauté se sont envolés vers le ciel la vie, le droit, la justice de tout ce royaume, laissant l'Angleterre se débattre et lutter pour séparer à belles dents le droit sans maître de l'orgueilleux étalage du pouvoir; maintenant, pour arracher cet os décharné de la souveraineté, le dogue grondant de la guerre hérisse sa crinière irritée, et grogne au nez de la douce paix; maintenant se liguent ensemble les forces du dehors et les mécontentements du dedans; et l'immense confusion plane comme un corbeau sur un animal expirant, en attendant la chute imminente de la puissance arrachée de son trône. Heureux maintenant celui dont la ceinture et le manteau pourront résister à cette tempête!--Emporte cet enfant, et suis-moi en diligence. Je vais trouver le roi: nous avons en un instant mille affaires sur les bras, et le ciel même regarde cette terre d'un oeil de courroux.

(Ils sortent.)

FIN DU QUATRIÈME ACTE.