LOUIS.--Nous n'écouterons ni l'un ni l'autre.--Battez le tambour, et que la voix de la guerre établisse la légitimité de nos droits et de notre présence.

LE BATARD.--Oui, sans doute, vos tambours vont crier quand vous les battrez, et vous en ferez autant quand vous serez battus. Que le bruit d'un de tes tambours réveille seulement un écho, et dans le même instant un autre tambour déjà suspendu te renverra un son tout aussi bruyant que le tien. Fais-en retentir un autre, et un second ira aussi bruyant que le tien ébranler l'oreille du firmament, et insulter le tonnerre à la bouche sonore. Ne se fiant pas à ce légat qui boite des deux côtés et dont il s'est servi par jeu plutôt que par nécessité, le belliqueux Jean est là tout près: sur son front siège la mort aux côtes décharnées, dont l'occupation sera aujourd'hui de se régaler de milliers de Français.

LOUIS.--Battez, tambours, que nous allions chercher ce danger.

LE BATARD.--Et tu le trouveras, dauphin, n'en doute pas.

(Ils sortent.)

SCÈNE III

La scène est toujours en Angleterre.--Un champ de bataille.

Alarmes.--Entrent LE ROI JEAN ET HUBERT.

LE ROI JEAN.--Comment la journée tourne-t-elle pour nous? Oh! dis-le-moi, Hubert.

HUBERT.--Mal, j'en ai peur. Comment se trouve Votre Majesté?