Note 48: [(retour) ]
Poor perdu (enfant perdu); on sait que l'on donnait ce nom à des soldats plus aventureux ou plus exposés que les autres.
LE MÉDECIN.—Parlez, madame, cela vaut mieux.
CORDÉLIA.—Comment se trouve mon royal seigneur? comment se porte Votre Majesté?
LEAR.—Vous me faites bien du tort de me tirer du tombeau.... Toi, tu es une âme bienheureuse; mais je suis attaché sur une roue de feu, mes larmes brûlent comme du plomb fondu.
CORDÉLIA.—Me reconnaissez-vous, seigneur?
LEAR.—Vous êtes un esprit, je le sais: quand êtes-vous morte?
CORDÉLIA.—Toujours, toujours aussi égaré.
LE MÉDECIN.—Il est à peine éveillé; laissons-le un instant tranquille.
LEAR.—Où ai-je été? où suis-je?... Est-ce la belle lumière du jour?—Je suis cruellement maltraité: je mourrais vraiment de pitié de voir un autre souffrir ainsi.—Je ne sais que dire.... Je ne jurerais pas que ce soient là mes mains.—Voyons, je sens cette épingle me piquer.—Je voudrais bien être certain de mon état.
CORDÉLIA.—Oh! regardez-moi, seigneur: étendez sur moi vos mains pour me bénir.—Non, seigneur, il ne faut pas vous mettre à genoux.