Mais ce n'est pas un fou que le gredin, pardieu[35].
Note 35: [(retour) ]
The knave turns fool; that runs away The fool no knave, perdy.
Le sens naturel de ces deux vers paraît contraire à celui qu'on lui a donné dans la traduction; mais ce dernier sens a paru de beaucoup, et avec raison, le plus vraisemblable aux commentateurs; en sorte qu'ils ont été tous d'avis qu'il devait y avoir altération du texte, et qu'il fallait au moins changer ainsi le premier vers:
The fool turns knave, that runs away.
Mais peut-être l'irrégularité de langage qui se fait remarquer dans le Roi Lear dispense-t-elle de recourir à une altération du texte; du moins est-il certain que c'est en conservant la construction des deux vers anglais qu'on a pu leur donner un sens contraire à celui qu'ils paraissent d'abord présenter.
KENT.—Où as-tu appris tout cela, fou?
LE FOU.—Ce n'est pas dans les ceps, fou.
(Rentre Lear avec Glocester.)
LEAR.—Refuser de me parler! Ils sont malades, ils sont fatigués, ils ont voyagé rapidement toute la nuit...—Purs prétextes où je vois la révolte et l'abandon.—Rapportez-moi une meilleure réponse.
GLOCESTER.—Mon cher maître, vous connaissez le caractère violent du duc, combien il est inébranlable et obstiné dans ses propres idées.
LEAR.—Vengeance, peste, mort, confusion!—Violent? Qu'est-ce que c'est que cela?—Allons?—Glocester, Glocester, je voudrais parler au duc de Cornouailles et à sa femme.
GLOCESTER.—Eh! mon bon seigneur, je viens de les en informer.
LEAR.—Les en informer? Me comprends-tu, homme?