HÉLÈNE.—Un coeur insensé, que je laisse ici derrière moi!
HERMIA.—Avec qui? avec Lysandre?
HÉLÈNE—Avec Démétrius.
LYSANDRE.—Ne crains rien, chère Hélène; elle ne te fera pas de mal.
DÉMÉTRIUS.—Non, certes; elle ne lui en fera aucun, quand vous prendriez son parti.
HÉLÈNE.—Oh! quand elle est en colère, elle est méchante et rusée; c'était un petit renard quand elle allait à l'école; et quoiqu'elle soit petite, elle est violente.
HERMIA.—Petite encore? Toujours petite? naine? Quoi! souffrirez-vous qu'elle m'insulte ainsi? Laissez-moi approcher d'elle.
LYSANDRE.—Va-t'en naine, diminutif de femme, créature nouée par l'herbe sanguinaire[30], grain de verre, gland de chêne.
Note 30: [(retour) ]
La sanguinaire est une papavéracée (polyandrie monogyne) à laquelle on attribuait autrefois la vertu de nouer les enfants et les animaux, d'empêcher leur croissance.
DÉMÉTRIUS.—Vous êtes trop officieux à obliger celle qui dédaigne vos services. Laissez-la à elle-même, ne parlez point d'Hélène: ne prenez point son parti; car si jamais vous prétendez lui donner le moindre signe d'amour, vous le payerez cher.