JULIE—Nullement, quand elle est si discordante.
L'AUBERGISTE—Écoutez, quel changement dans la musique!
JULIE—Oui, ce changement fait mon malheur.
L'AUBERGISTE—Vous voudriez donc qu'ils jouassent toujours la même chose?
JULIE—Oui, je voudrais qu'un homme jouât toujours le même air. Mais, mon hôte, dites-moi, le seigneur Protéo, de qui nous parlons, vient-il souvent chez cette dame?
L'AUBERGISTE—Je vous dirai que Launce, son valet, m'a confié qu'il l'aimait outre mesure.
JULIE—Où est donc ce Launce?
L'AUBERGISTE—Il est allé chercher son chien; demain, par l'ordre de son maître, il doit le porter en présent à sa maîtresse.
JULIE—Silence! retirons-nous à l'écart, voici la compagnie qui se sépare.
PROTÉO—Ne craignez rien, seigneur Thurio; je parlerai pour vous de manière que vous me regarderez comme passé maître en ruses d'amour.