MISTRISS FORD.--Eh! madame Page, descendez, ainsi que la vieille femme: mon mari veut monter dans la chambre.

FORD.--La vieille femme? Quelle vieille femme?

MISTRISS FORD.--La vieille de Brentford, la tante de ma servante.

FORD.--Qui, cette sorcière, cette malheureuse, cette impudente coquine? Ne lui ai-je pas interdit ma maison? C'est-à-dire, qu'elle vient ici rendre quelque message. Nous autres simples mortels, nous ne pouvons pas savoir tout ce qui passe par la main d'une diseuse de bonne aventure. Elle se sert de charmes, de caractères, de figures et autres menteries de cette espèce. Cela est hors de notre portée; nous n'y connaissons rien. Descendez, sorcière que vous êtes, vieille bohémienne; descendez, quand je vous le dis.

MISTRISS FORD.--Non, mon bon cher mari. Mes bons messieurs, empêchez-le de frapper la vieille femme.

(Entre Falstaff habillé en femme, conduit par mistriss Page.)

MISTRISS PAGE.--Venez, mère Babil[43], venez; donnez-moi la main.

Note 43: [(retour) ] Mother prat. To prate signifie babiller; il a fallu traduire le nom pour donner quelque sens à la réplique de Ford.

FORD.--Ah! je lui en donnerai du babil. Hors de chez moi, sorcière. (Il le bat.) Vieux graillon, coquine, drôlesse, salope que vous êtes. Ah! je vous conjurerai, moi, je vous dirai la bonne aventure.

(Falstaff sort.)