MISTRESS FORD.--Sir John, est-ce vous, mon cerf, mon vigoureux cerf[53]?

Note 53: [(retour) ] My male deer. Le jeu de mots sur deer (daim) et dear (cher) s'est déjà rencontré plusieurs fois: il a été impossible de le rendre ici même par un équivalent.

FALSTAFF.--Oui, ma biche aux poils noirs[54]. Que maintenant le ciel fasse pleuvoir des patates[55], fasse résonner sa foudre sur l'air des Vertes manches, m'envoie une grêle d'épices, une neige de panicots, qu'une tempête de stimulants vienne m'assaillir! Voilà mon asile.

(Il l'embrasse.)

Note 54: [(retour) ] Black scut.

Note 55: [(retour) ] Potatoes. Les patates, lorsqu'on les introduisit en Angleterre, y passaient pour un stimulant. Probablement l'air des Vertes manches rappelait à Falstaff quelque idée gaillarde, et, au lieu d'épices, il demande une grêle de kissing comfits; ce qu'il a fallu rendre autrement pour être intelligible en français. Pour les kissing comfits, voyez les notes de Roméo et Juliette.

MISTRESS FORD--Mistriss Page est venue avec moi, mon cher coeur.

FALSTAFF.--Partagez-moi comme un chevreuil offert à deux juges; prenez chacune un quartier. Je garde pour moi mes côtes; mes épaules seront pour le garde du bois[56]. Quant à mes cornes, je les lègue à vos maris. Ha! ha! suis-je l'homme du bois? Sais-je imiter Herne le chasseur?--Allons, Cupidon se montre enfin garçon de conscience; il fait restitution.--Comme il est vrai que je suis un esprit loyal, soyez les bienvenues.

Note 56: [(retour) ] The fellow of this walk. Dans les règles de la vénerie, les épaules de la bête revenaient de droit au garde du bois.

(Bruit derrière le théâtre.)