SHALLOW.--Cousin Abraham Slender, pourrez-vous l'aimer?

SLENDER.--Je l'espère, monsieur; j'agirai comme il convient à un homme qui veut agir par raison.

EVANS.--Eh! non. Par les bienheureuses âmes d'en haut, vous devez répondre de ce qui est possible. Pouvez-vous tourner vos désirs vers elle.

SHALLOW.--C'est ce qu'il faut nous dire: si elle a une bonne dot, voulez-vous l'épouser?

SLENDER.--Je ferais bien plus encore à votre recommandation, mon cousin, toute raison gardée.

SHALLOW.--Eh! non. Concevez-moi donc, comprenez-moi, cher cousin; ce que je fais, c'est pour vous faire plaisir: vous sentez-vous capable d'aimer cette jeune fille?

SLENDER.--Je l'épouserai, monsieur, à votre recommandation. Si l'amour n'est pas grand au commencement, le ciel pourra bien le faire décroître sur une plus longue connaissance, quand nous serons mariés et que nous aurons plus d'occasions de nous connaître l'un l'autre. J'espère que la familiarité engendrera le mépris. Mais, si vous me dites, épousez-la, je l'épouserai; c'est à quoi je suis très-dissolu, et très-dissolument.

EVANS.--C'est répondre très-sagement, excepté la faute qui est dans le mot dissolu; dans notre sens, c'est résolu qu'il veut dire. Son intention est bonne.

SHALLOW.--Oui, je crois que mon neveu avait bonne intention.

SLENDER.--Oui, ou je veux bien être pendu, là!