FALSTAFF, à Robin.--Tenez, mon garçon, portez promptement ces lettres; cinglez, comme ma chaloupe, vers ces rivage dorés. (Aux deux autres.) Vous, coquins, hors d'ici; courez, disparaissez comme des flocons de neige. Allez, travaillez hors d'ici, tournez-moi vos talons. Cherchez un gîte, et faites-moi vos paquets. Falstaff veut prendre l'humeur du siècle, faire fortune comme un Français: coquins que vous êtes! moi; moi seul avec mon page galonné.

(Sortent Falstaff et Robin.)

PISTOL.--Puissent les vautours te serrer les boyaux! Avec une bouteille et des dés pipés, j'attraperai de tous côtés le riche et le pauvre. Je veux avoir des testons en poche, tandis que toi, tu manqueras de tout, vil Turc phrygien.

NYM.--J'ai dans ma tête des opérations qui feront la chose d'une vengeance.

PISTOL.--Veux-tu te venger?

NYM.--Oui, par le firmament et son étoile!

PISTOL.--Avec la langue ou le fer?

NYM.--Moi! avec les deux choses.--Je veux découvrir à Page la chose de cet amour-là.

PISTOL.--Et moi pareillement, je prétends aussi raconter à Ford comment Falstaff, ce vil garnement, veut tâter de sa colombe, saisir son or, et souiller sa couche chérie.

NYM.--Je ne laisserai point refroidir ma chose: J'exciterai la colère de Page à employer le poison. Je lui donnerai la jaunisse; ce changement de couleur a des effets dangereux. Voilà la vraie chose.