LE DUC.—Vos prières sont inutiles: levez-vous, vous dis-je. Je viens de me rappeler encore un autre délit.—Prévôt, comment s'est-il fait que Claudio ait été décapité à une heure qui n'est pas d'usage?
LE PRÉVÔT.—On me l'a commandé ainsi.
LE DUC.—Aviez-vous pour cela un ordre écrit et spécial?
LE PRÉVÔT.—Non, seigneur; je l'ai reçu par un message secret.
LE DUC.—Et pour cela, je vous dépouille de votre office: rendez-moi vos clefs.
LE PRÉVÔT.—Daignez me pardonner, noble seigneur: je croyais bien que c'était une faute: mais je ne le savais pas, cependant après avoir réfléchi davantage je m'en suis repenti; et, pour preuve, c'est qu'il y a un homme dans la prison qui, d'après un ordre secret, devait être exécuté, et que j'ai laissé vivre encore.
LE DUC.—Qui est-ce?
LE PRÉVÔT.—Son nom est Bernardino.
LE DUC—Je voudrais que vous en eussiez agi de même avec Claudio.—Allez: amenez-le ici, que je le voie.
(Le prévôt sort.)