LUCIO.—Nos doutes sont des traîtres, qui nous font souvent perdre le bien que nous aurions pu gagner, parce que nous craignons de le tenter. Allez trouver le seigneur Angelo, et qu'il apprenne par vous que quand une jeune fille demande, les hommes donnent comme les dieux; mais que si elle pleure et s'agenouille, tout ce qu'elle demande est aussi certainement à elle qu'à ceux mêmes qui le possèdent.
ISABELLE.—Je verrai ce que je pourrai faire.
LUCIO.—Mais, promptement.
ISABELLE.—Je vais m'en occuper sur-le-champ; et je ne prendrai que le temps de donner connaissance de cette affaire à notre mère. Je vous rends d'humbles actions de grâce: recommandez-moi à mon frère; ce soir, de bonne heure, j'enverrai l'instruire de mon succès.
LUCIO.—Je prends congé de vous.
ISABELLE.—Mon bon seigneur, adieu.
(Ils se séparent.)
FIN DU PREMIER ACTE.