LUCIO.—Ni maintenant, ni alors, Pompée.—(Au duc.)—Quelles nouvelles dans le monde, bon frère? Quelles nouvelles?

LE COUDE, au bouffon.—Allons, marchez; avançons, monsieur.

LUCIO.—Va au chenil, Pompée, va.—(Le Coude, le bouffon et les officiers sortent.) Quelles nouvelles du duc, frère?

LE DUC.—Je n'en sais point: pouvez-vous m'en apprendre?

LUCIO.—Il y en a qui disent qu'il est avec l'empereur de Russie; d'autres qu'il est à Rome; mais devinez-vous où il est?

LE DUC.—Je n'en sais absolument rien. Mais où qu'il soit, je lui souhaite du bien.

LUCIO.—C'est une folie, un caprice bien bizarre à lui, de s'évader ainsi de ses États, et d'usurper aux mendiants un métier pour lequel il n'était pas né. Le seigneur Angelo fait bien le duc en son absence; il va même un peu loin.

LE DUC.—Il fait très-bien.

LUCIO.—Un peu plus d'indulgence pour le libertinage ne lui ferait aucun tort à lui: il est un peu trop sévère sur cet article, frère.

LE DUC.—C'est un vice trop répandu; et il n'y a que la sévérité qui puisse le guérir.