LE DUC.—Monsieur, votre compagnie est plus agréable qu'honnête: restez en paix.

LUCIO.—Sur ma foi, je vous accompagnerai jusqu'au bout de la rue; si un propos libertin vous offense, nous n'en aurons pas long à dire ensemble. Allons, frère, je suis une espèce de glouteron, je m'attacherai à toi.

(Ils sortent.)

SCÈNE IV

Salle dans la maison d'Angelo.

Entrent ESCALUS et ANGELO.

ESCALUS.—Chaque lettre qu'il a écrite a désavoué l'autre.

ANGELO.—De la manière la plus contradictoire et la plus bizarre. Ses actions témoignent quelque chose qui tient beaucoup de la folie; prions le ciel que sa sagesse n'en soit pas altérée. Et pourquoi aller au-devant de lui aux portes de la ville, et lui remettre là notre autorité?

ESCALUS.—Je n'en devine pas le motif.

ANGELO.—Et pourquoi veut-il que nous fassions publier, une heure avant son entrée, que si quelqu'un demande réparation de quelque injustice, il ait à présenter sa pétition dans la rue?