Note 4: [(retour) ]
C'est probablement le nom de quelque auberge de Venise.
(Jago sort.)
(Entrent dans la rue Brabantio et des domestiques avec des torches.)
BRABANTIO.—Mon malheur n'est que trop vrai! Elle est partie; et ce qui me reste d'une vie déshonorée ne sera plus qu'amertume. Roderigo, où l'as-tu vue?—O malheureuse fille!... Avec le More, dis-tu?—Qui voudrait être père?—Comment as-tu su que c'était elle?—Oh! tu m'as trompé au delà de toute idée.—Et que vous a-t-elle dit?—Allumez encore des flambeaux. Éveillez tous mes parents.—Sont-ils mariés, croyez-vous?
RODERIGO.—En vérité, je crois qu'ils le sont.
BRABANTIO.—O ciel!—Comment est-elle sortie?—O trahison de mon sang!—Pères, ne vous fiez plus au coeur de vos filles d'après la conduite que vous leur voyez tenir.—Mais n'est-il pas des charmes par lesquels on peut corrompre la virginité et les penchants de la jeunesse? Roderigo, n'avez-vous rien lu sur de pareilles choses?
RODERIGO.—Oui, en vérité, seigneur, je l'ai lu.
BRABANTIO.—Appelez mon frère.—Oh! que je voudrais vous l'avoir donnée!—Que les uns prennent un chemin, et les autres un autre.—Savez-vous où nous pourrons la surprendre avec le More?
RODERIGO.—J'espère pouvoir le découvrir, si vous voulez emmener une bonne escorte et venir avec moi.
BRABANTIO.—Ah! je vous prie, conduisez-nous. A chaque maison je veux appeler: je puis demander du monde presque partout: Prenez vos armes, courons: rassemblez quelques officiers chargés du service de nuit. Allons! marchons.—Honnête Roderigo, je vous récompenserai de votre peine.