LA PRINCESSE.--Je le crois sans peine; autrement votre mémoire serait bien mauvaise, vous venez de le lire il n'y a qu'un moment.

BOYET.--Cet Armado est un Espagnol qui hante ici la cour. Un rêve-creux, un monarcho[38]. Un homme qui sert de divertissement au prince et à ses compagnons d'étude.

Note 38: Caractère fantasque du temps, monarque italien, rodomont et insolent.

LA PRINCESSE, à Costard.--Toi, l'ami, un mot. Qui t'a donné cette lettre?

COSTARD.--Je vous l'ai dit: monseigneur.

LA PRINCESSE.--A qui devais-tu la remettre?

COSTARD.--De la part de monseigneur, à madame.

LA PRINCESSE.--De quel seigneur et à quelle dame?

COSTARD.--De monseigneur Biron, mon bon maître, à une dame de France qu'il appelle Rosaline.

LA PRINCESSE.--Tu t'es mépris sur l'adresse de cette lettre. Allons, mesdames, partons.--(A Costard.) Mon ami, cède cette lettre, on te la rendra une autre fois.