HÉLICANUS.--Le roi Antiochus (j'ignore pourquoi) prit de l'ombrage contre lui, ou du moins Périclès le crut; et, craignant de s'être trompé ou d'avoir commis quelque faute, il a voulu montrer ses regrets en se punissant lui-même, et il s'est mis sur un vaisseau où sa vie est menacée à chaque minute.

THALIARD, à part.--Allons, je vois que je ne serai pas pendu, quand je le voudrais; mais, puisqu'il est parti, le roi sera charmé qu'il ait échappé aux dangers de la terre pour périr sur mer.--Présentons-nous.--Salut aux seigneurs de Tyr.

HÉLICANUS.--Le seigneur Thaliard est le bienvenu de la part d'Antiochus.

THALIARD.--Je suis chargé par lui d'un message pour le prince Périclès; mais depuis mon arrivée, ayant appris que votre maître est parti pour de lointains voyages, mon message doit retourner là d'où il est venu.

HÉLICANUS.--Nous n'avons aucune raison pour vous le demander, puisqu'il est adressé à notre maître et non à nous; cependant, avant de vous laisser partir, nous désirons vous fêter à Tyr, comme ami d'Antiochus.

(Ils sortent.)

SCÈNE IV

Tharse.--Appartement dans la maison du gouverneur.

CLÉON entre avec DIONYSA et une suite.

CLÉON.--Ma Dionysa, nous reposerons-nous ici pour essayer, par le récit des malheurs des autres, d'oublier les nôtres?