PÉRICLÈS.--Je suis indigne d'être son maître.

SIMONIDE.--Elle ne pense pas de même: parcourez cet écrit.

PÉRICLÈS.--Qu'est-ce que ceci? Elle aime, dit cette lettre, le chevalier de Tyr. (A part.) C'est une ruse du roi pour me faire mourir. O généreux seigneur, ne cherchez point à tendre un piège à un malheureux étranger qui ne prétendit jamais à l'amour de votre fille, et se contente de l'honorer.

SIMONIDE.--Tu as ensorcelé ma fille, et tu es un lâche.

PÉRICLÈS.--Non, de par les dieux! Seigneur, jamais je n'eus une pensée capable de vous faire outrage; je n'ai rien fait pour mériter son amour ou votre déplaisir.

SIMONIDE.--Traître, tu mens.

PÉRICLÈS.--Traître!

SIMONIDE.--Oui, traître.

PÉRICLÈS.--A tout autre qu'au roi, je répondrais qu'il en a menti par la gorge.

SIMONIDE, à part.--J'atteste les dieux que j'applaudis à son courage.